Pétition sur sur la protection des femmes fuyant des mutilations génitales
Recul de l’Etat sur la protection des
femmes fuyant des mutilations génitales
et des parents voulant soustraire leurs filles à
ces pratiques.
Depuis 2001 et jusqu’en juillet 2008, l’Office Français
de Protection des Réfugiés et Apatrides (OFPRA) reconnaissait les
risques encourus par certaines petites filles et jeunes femmes en
cas de retour dans le pays d’origine de leurs parents. Les
jeunes filles et les parents voulant se protéger ou protéger leur
enfant de l’excision obtenaient le statut de réfugié car,
malgré une certaine évolution des législations dans les pays
concernés, ces mutilations sont toujours pratiquées par
l’entourage familial, souvent au mépris de l’opposition
formelle des parents. Il a fallu des années de lutte pour que cette
persécution soit reconnue comme telle, dans le cadre de la
Convention de Genève, par les autorités françaises. Allons nous
aujourd’hui vers une remise en cause de ces acquis ?
En juillet 2008, L’OFPRA a opéré un brutal renversement de
doctrine, sans explication et de manière unilatérale. Désormais
l’Office différencie les demandes d’asile selon
l’ancienneté et le statut du séjour en France des
parents.
Les petites filles sont, au mieux, protégées contre cette menace
par la protection subsidiaire, mais qu’arrivera-t-il à leurs
parents ? Et au reste de la fratrie ? Depuis la mise en œuvre
de la nouvelle doctrine de l’OFPRA, de nombreuses familles
attendent de connaître la position des préfectures au regard de
leur situation administrative. Ces demandeurs d’asile
rejoindront-ils le contingent des ‘ni expulsables – ni
régularisables’ ? Ou bien, en cas de reconduite dans leur
pays d’origine, l’administration confiera-t-elle à
l’Aide Sociale à l’Enfance les petites filles qui sont
sous sa ‘protection’ ?
Associations ci-dessous et signataires, appelons l’OFPRA et
le Ministère de l’immigration à assumer pleinement leur
devoir en appliquant la Convention de Genève pour protéger les
filles menacées d’excision et leur famille.
Nous appelons également le gouvernement français à appuyer et
soutenir les efforts mis en place ici et là bas afin de faire
reculer ces mutilations.
Signataires au 09 décembre 2008 :
Association départementale du Mouvement Français de Planning
Familial de l’Essonne, ATMF, CIMADE, Collectif de Pratiques
et de Réflexions Féministes "Ruptures", COMEDE, Comité d’aide
aux réfugiés, Comité montreuillois des sans papiers,
Dom’Asile, Du côté des Femmes, Editions Chèvre-feuille
étoilée, Espace Simone de Beauvoir (Nantes), FASTI, Femmes
Solidaires, Femmes de la Terre, Fédération, IFAFE, GAS, GISTI, LDH,
LFID, Maison des Femmes de Montreuil, Marche Mondiale des Femmes
contre les Violences et la Pauvreté, Morlaix Liberté, Mouvement
Français pour le Planning Familial, MRAP, RAJFIRE, Réseau Féministe
"Ruptures"., RESF, RESF Montreuil, RESF Paris Sud-Ouest, SOS Femmes
93, SOS Sexisme
Contact :
Cimade, Violaine Husson : 01 40 08 17 17
Femmes de la Terre, Lucie Brocard ou Haoua Lamine : 01 48 06 11
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